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Il y a 152 ans, jour pour jour, le 1er avril 1864, une lumière s’allumait dans le ciel des habitants de Dakar. Cette lumière, c’est celle du phare des Mamelles. Repaire pour les navires, repaire aussi pour les habitants de la capitale tant ce phare surplombe la ville. Reportage dans ce témoin de l’histoire.
« Donc, le bateau, la nuit, regarde le phare tourner et toutes les cinq secondes, il y aura un éclat. » 152 ans que ce code lumineux indique aux bateaux qu’ils approchent de Dakar. « En tout, cela fait 147 mètres, c’est le point culminant de Dakar. »
Lamine Fall fait partie de l’équipe des gardiens qui veillent la nuit sur cette lumière, sur cette magnifique lentille de Fresnel. « Mais c’est la lentille qui fait tout l’effet. Augustin Fresnel était ingénieur électromécanicien à 16 ans, c’est la lentille qui amplifie la lumière et la projette à 53 km. »
Le phare est connu pour son calme et certaines personnalités le savaient, explique le directeur des phares et balises, Amadou Ndiaye. « La reine Elisabeth a demandé à camper ici pendant toute une journée et elle a été reçue ici sur le toit de Dakar par le président Senghor pendant trois heures. »

Sous la lentille, un étroit balcon permet de faire le tour du phare. Une vue à 360 degrés sur Dakar, l’océan et sur l’ile de la Madeleine. « C’est une ile, c’est un parc aux oiseaux, reprend Lamine Fall. Et chez nous, ici à Dakar, on dit que cette ile est habitée par le génie protecteur de Dakar, qui s’appelle Leuk Daour Mbaye. »
Ce patrimoine qui ne demande qu’à être partagé. « C’est ma seconde demeure, on invite les Sénégalais à venir voir ce patrimoine, leur patrimoine et l’intérêt que le phare a pour le monde. Il faut veiller sur le phare. »
La vue y est imprenable sur tout Dakar et l’océan. Au nord, la pointe des Almadies, extrémité ouest de l’Afrique avant l’Atlantique. Au sud, derrière le port, l’île de Gorée. Entre les deux, les différents quartiers de la capitale : le Plateau, Mermoz, Yoff… Perché, en face du Monument de la renaissance africaine, sur la plus haute des deux collines des Mamelles, le phare du même nom est le point culminant de la ville, et l’un des plus anciens symboles du patrimoine national.
Un point de repère pour les marins

« Ce phare est l’unique point de repère pour les navires qui arrivent à Dakar, explique Lamine Fall, l’un des trois gardiens du lieu. Au début du XXe siècle, il servait aussi de guide aux aviateurs de l’Aéropostale qui se posaient ici, comme Antoine de Saint-Exupéry ou Jean Mermoz. » Les gros cargos de marchandises qui accostent chaque semaine dans la capitale sont aujourd’hui dotés de tous les moyens modernes de navigation, mais le phare des Mamelles constitue encore un repère précieux pour les nombreux pêcheurs en pirogue qui partent chaque jour en mer à plusieurs milles des côtes. Outre ce rôle de signalisation maritime, cet édifice abrite, en raison de son altitude, plusieurs antennes et émetteurs de différents médias, services de l’État et ambassades étrangères.
Fierté nationale


Toujours dans cette logique de mise en valeur du site, un bar-restaurant a récemment ouvert ses portes au pied du phare. L’établissement, décoré avec goût, permet de boire un verre, de dîner, ou encore de profiter de soirées « after-work » le vendredi soir. Il entend également devenir un nouveau pôle culturel de la capitale, en organisant par exemple des concerts ou d’autres performances artistiques. Malgré son âge respectable, le phare des Mamelles a encore de belles années devant lui.

Le dimanche au phare est connu pour un Brunch Panoramique de 10h à 15h.