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Située à la pointe ouest du plateau continental africain, Dakar, qui jubile désormais de la 1ère CAN du Sénégal, est une métropole qui se déguste. Les visiteurs réguliers de la capitale du Sénégal pensent la connaître.
Ils sont pourtant souvent surpris à chaque voyage de découvrir que sa plasticité n’est pas un mythe. Dakar ne cesse d’inventer, de se réinventer, d’innover et d’être à la pointe de la tendance.
La vox populi défait les lieux les plus branchés avec une facilité déconcertante et dans le même temps en consacre avec force de nouveaux en jurant qu’ils sont remarquables pour l’éternité. Ce phénomène est avéré dans de nombreux domaines, comme un tropisme particulier à cette ville entrée dans l’histoire comme une des quatre communes de plein exercice que la France a créées à partir de 1872, à savoir Gorée, Saint-Louis (1872), Rufisque (1880) et Dakar (1887).
Dakar, ville d’art et de culture
Depuis le Festival mondial des arts nègres de 1966, jusqu’à l’installation Kehinde Wiley, le portraitiste d’Obama, avec la résidence d’artistes Black Rock, en passant par le musée des Civilisations noires – Le MCN –, ainsi que sa biennale, Dakar s’est toujours lancé le défi de l’exclusivité, de la primeur et, il faut bien le dire, parfois de l’excellence. Mode, gastronomie, villégiature, aucun pan de l’art de vivre à la sénégalaise n’échappe à cette règle.
Cependant, au-delà de cette vivacité, la force de Dakar réside aussi dans sa capacité à absorber la nouveauté sans offenser ses institutions. Des maisons ancestrales ont su résister aux redoutables morsures du temps et n’ont pas été balayées par les nouveaux venus, qui restent reconnaissants de l’apport de ses aînés, de l’héritage de Dakar.
Hôtel, vous avez dit hôtel ?

D’abord, Le Radisson, fondé en 2009, emblématique des aspirations d’une clientèle surtout portée vers le business, avec des envies et une exigence dans la qualité de l’espace et des paysages. Autour de sa piscine à déversoir, les contrats se concluent avec une vue à couper le souffle au coucher de soleil.
Ensuite, à quelques encablures, sur la fameuse corniche de Dakar, le Terrou-bi, quant à lui, a tous les atouts pour revendiquer la première place du podium. Au-delà de la concurrence qu’ils se livrent à distance, ces deux établissements racontent en creux une histoire du Sénégal à travers des parcours d’existence emblématiques.
Dakar, ville d’art

Dans un premier temps, visitez-les et ensuite échappez-vous du triangle pour rencontrer les deux Ousmane, l’icône et le jeune. Les deux figures, Ousmane Sow et Ousmane Mbaye, engagés dans un joli pas de deux, sont incontournables et emblématiques de cette belle articulation de transmission d’un héritage.
Le TER, une merveille de train dans la ville
Une toute nouvelle ligne de chemin de fer qui dessert la ville nouvelle de Diamniadio et à terme doit rallier l’aéroport international Blaise-Diagne. La liaison ferroviaire doit décongestionner une agglomération de 3 millions d’habitants engorgée par la circulation et des embouteillages monstres et nous permettre de retrouver pleinement les sensations et perceptions visuelles de Dakar. Éprouvez-les au tout petit matin ou le soir entre chiens et loups le long de la corniche.
Ce sont les meilleurs moments pour les ressentir. Vous serez pleinement affecté par la couleur du ciel irisé par les rayons du soleil levant ou couchant. Parfois, ces sensations se transforment en émotions. La légère vaporisation des premières gouttes de pluie sur le sable chaud au début de la saison des pluies est un révélateur qui touche au cœur. Elle exhale une émanation qui se rapproche du « guerté saaf », la grillade d’arachide au coin des rues dans les marmites de sable.
Îles de la Madeleine, Gorée : le Dakar insulaire

Direction, ensuite, Gorée, où vous pourrez vous autoriser à faire le tour de l’île et marquer un stop devant la Maison des esclaves, rénovée et conservée à l’identique de la sombre période de l’esclavage. Gorée est une étape incontournable du parcours culturel de Dakar, mais, côté mer, vous aurez un point de vue unique sur la fameuse porte du voyage sans retour. De la mer, cette fente dans la partie basse de cette maison musée paraît quelconque.

Dans le sillon du Dakar gastronomique

Autant dire que les poissons du jour ou les langoustes grillées sont un bonheur à déguster avec le ressac de la mer sous vos pieds, qui s’entend et qui se voit entre les interstices des planches du ponton.
Changement de style avec Loutcha, situé derrière le centre culturel français, sur le Plateau. Ici, l’on retrouve le rituel des gargotes populaires : nappes en plastique pas chères, verres de bistrot, couverts en fer-blanc. Loutcha ne serait pas ce restaurant que l’on adore sans son menu de plusieurs pages dans un lutin range-tout et qui propose une cuisine d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes. Certes, la carte peut effrayer et donner le tournis. Mais tout est bon dans cette demeure, avec un rapport qualité-plaisir-prix sans concurrence.
L’on s’y presse car on a l’assurance de ne jamais être déçu par la qualité des plats. Le thiéboudiène, inscrit récemment au patrimoine mondial de l’Unesco, est préparé comme chez maman. Le poulet yassa se savoure avec gourmandise. La cuisine cap-verdienne se déguste comme une friandise.
Traditions, culture, famille se côtoient à travers une photo à l’entrée rendant hommage à Maria Daluz Lopez, fondatrice en 1969 de cette maison heureuse et qui nous a quittés l’année dernière.
Après Loutcha et le Lagon…

L’Orientale, avec sa cuisine libanaise succulente, est un restaurant familial où se bousculent les habitués pour déguster une carte simple faite de savoureux mezze. La Cave est une boutique imprégnée d’une atmosphère florentine avec une brillante sélection de vins et champagnes. Vous trouverez des références en provenance des meilleurs vignobles et vous pouvez aussi vous installer dans cette maison de quelques tables séparées pour conserver une grande intimité et déguster une carte de bistrot assez simple.

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